Nous devons envisager de nouvelles formes de réduction du temps de travail, conçues sur l'ensemble de la vie. Il n'est pas facile aujourd'hui d'interrompre quelques années sa vie professionnelle pour se former ou pour faire autre chose que travailler, et reprendre ensuite une activité.
A côté de l'aménagement de la journée et de la semaine de travail, c'est le déroulement de toute la vie professionnelle qui devrait être repensé pour rendre possible les interruptions, les bifurcations, les cessations progressives d'activités favorables à l'épanouissement personnel.
Ce sont ces chemins que nous proposons d'explorer pour parvenir à de nouvelles modalités de réduction du temps de travail, plus imaginatives, plus porteuses d'avenir.
Pourquoi d'ailleurs ne pas mettre en débat et approfondir la proposition suivante : Fixer un nombre global d'heures de travail à effectuer dans sa vie, en disposant d'une certaine liberté dans la répartition de ces heures.
Avec l'aide d'un crédit-temps, chaque travailleur se verrait par exemple reconnaître le droit de cesser momentanément son activité professionnelle pour mener un projet hors de la sphère du travail.
Plus largement, une conférence annuelle sur les revenus et le temps de travail avec les partenaires sociaux devrait permettre à la société de fixer ses priorités et de déterminer ainsi comment elle entend partager les gains de productivité (entre augmentation des salaires, investissements, diminution du temps de travail).
Cette liberté de choix doit être la même pour tous. Cela suppose des politiques d'accompagnement culturel, d'éducation, de loisirs véritablement volontaristes qui ne soient pas périphériques, mais au cœur de notre projet.
C’est notre conception de la richesse, et la remise en cause du système actuel fondé exclusivement sur l’activité de production qui permet ce projet novateur pour une société non seulement plus respectueuse de l’environnement, mais également plus proche des besoins intrinsèques de l’individu.
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